
Le yoga fait du bien. Beaucoup de bien, même. Il peut nous aider à nous sentir plus à l’aise dans notre corps, à gagner en mobilité, en force et en équilibre. Il peut apporter de la sérénité et nous donner des outils très concrets, comme la respiration, pour mieux traverser certains moments du quotidien. Pourtant, même en tant que prof de yoga à Auriol, mon conseil serait : ne faites pas que du yoga.
Parce qu’aucune activité physique ne peut tout nous apporter. Le yoga développe certaines capacités remarquablement bien, mais en sollicite très peu d’autres. Il nous apprend à bouger, respirer, observer nos sensations et développer progressivement une meilleure connaissance de notre corps. En revanche, il ne prépare quasiment pas notre corps aux impacts répétés de la course, développe peu l’explosivité et ne nous apporte pas tout ce que l’on peut expérimenter dans un sport collectif.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faudrait remplir son agenda de cinq activités différentes. Si, dans votre vie actuelle, réussir à vous offrir un cours de yoga par semaine est déjà une petite victoire, profitez-en pleinement ! Mais si vous avez davantage de temps à consacrer à vos loisirs, varier les activités est probablement beaucoup plus riche que de chercher à tout obtenir d’une seule pratique.
Le yoga apporte énormément… mais il ne peut pas tout faire
Il y a d’abord quelque chose de très simple dans le plaisir de pratiquer le yoga : se sentir bien dans son corps.
Observez ce que nous faisons spontanément au réveil. Nous nous étirons, nous bâillons, nous cherchons instinctivement à allonger certaines parties du corps après plusieurs heures d’immobilité. Il y a quelque chose de presque animal dans ce besoin de bouger, de s’étirer et de retrouver de l’aisance.
Une pratique de yoga permet d’aller beaucoup plus loin dans cette exploration. Au fil des séances, on découvre ses amplitudes, on gagne en aisance dans certains mouvements, on développe de la force et on apprend à mieux sentir son corps.
Le yoga Vinyasa permet notamment d’explorer des mouvements variés et des enchaînements fluides, tandis que la répétition caractéristique du yoga Ashtanga permet d’observer très finement l’évolution de sa pratique et de ses sensations.
Mais le yoga ne se limite évidemment pas aux capacités physiques. Le travail de la respiration peut devenir un véritable outil dans la vie quotidienne. Certaines pratiques nous aident à ralentir, à retrouver un peu de calme ou simplement à observer plus finement ce qui se passe en nous.
Cette attention au corps, aux sensations et au plaisir de pratiquer fait d’ailleurs partie de mon approche du yoga dans les cours que je propose à Auriol et aux alentours.
Course, explosivité, sports collectifs : ce que le yoga ne travaille pas
J’en ai fait l’expérience très concrètement lorsque j’ai repris la course à pied.
Une amie m’avait lancé le défi de préparer un semi-marathon. J’avais couru régulièrement par le passé, mais cela faisait longtemps que j’avais arrêté. Je pratique beaucoup le yoga et je marche énormément, notamment avec du dénivelé. Au moment de reprendre la course, je m’attendais donc surtout à être limitée par deux choses : mon cardio et mes muscles.
Et finalement… pas du tout.
Ma condition physique générale m’a permis de retrouver assez rapidement des sensations proches de celles que j’avais lorsque je courais régulièrement. Mon souffle suivait, mes muscles aussi. Cela aurait presque pu me donner l’impression que mon corps était prêt à augmenter rapidement les distances.
Sauf qu’il manquait quelque chose : l’habitude des impacts répétés de la course.
Mes pieds me l’ont rapidement rappelé. Même si mon souffle et mes muscles me disaient « aucun problème, on continue », certaines structures de mon corps n’avaient plus été habituées depuis longtemps à encaisser des milliers d’impacts successifs.
Et ça, mes heures de yoga ne pouvaient pas me l’apporter.
C’est un bon exemple des limites de la spécificité d’une activité physique : être en forme pour une pratique ne signifie pas automatiquement être préparé pour une autre.
Il en va de même pour l’explosivité. Dans un sport comme le football, le handball ou le basket, on peut être relativement immobile puis devoir accélérer brutalement, changer de direction ou réagir immédiatement. Même dans une pratique dynamique du yoga, on rencontre très peu ce type d’effort.
Enfin, le yoga n’apporte pas non plus tout ce que permet un sport collectif. Je n’en pratique pas personnellement — je suis plutôt une solitaire de nature ! — mais évoluer dans une équipe sollicite des compétences très différentes : observer rapidement ce qui se passe autour de soi, prendre une décision en fonction des autres, adapter son placement, coopérer… sans oublier le plaisir et le sentiment d’appartenance que peut procurer le fait de faire partie d’un groupe.
Le yoga nous invite beaucoup à regarder vers l’intérieur. Un sport collectif nous oblige, lui, à porter constamment notre attention vers l’extérieur. Pourquoi faudrait-il choisir lequel des deux est le meilleur ? Ils ne nous apportent tout simplement pas la même chose.
Varier les activités… sans transformer ses loisirs en obligations
Alors faut-il faire du yoga, courir, nager, pratiquer un sport collectif, faire de la musculation et partir randonner chaque week-end ?
Évidemment que non.
Nous avons tous une quantité limitée de temps et d’énergie. Et nos loisirs sont justement censés rester des espaces qui nous font du bien, pas devenir une nouvelle liste d’obligations à accomplir parfaitement.
Si vous n’avez actuellement la possibilité de vous accorder qu’une heure de yoga par semaine, cette heure compte déjà énormément. Certaines périodes de vie permettent de pratiquer beaucoup ; d’autres beaucoup moins.
En revanche, si vous avez le temps et l’envie de faire quatre séances de yoga chaque semaine, il peut être intéressant de vous demander si trois séances de yoga et une activité complètement différente ne vous apporteraient pas davantage.
Courez. Dansez. Nagez. Marchez. Faites du vélo, de l’escalade, du tennis, du foot ou de la musculation. Jardinez, partez en randonnée ou trouvez tout autre moyen de bouger qui vous plaît.
Et surtout, choisissez des activités qui vous donnent envie d’y retourner.
Pour moi, c’est probablement le point commun le plus important entre toutes ces pratiques : elles ont beaucoup plus de chances de nous accompagner longtemps lorsqu’elles restent associées au plaisir, à la curiosité et à la joie plutôt qu’à une nouvelle injonction à « bien faire ».
Le yoga peut alors garder sa place parmi toutes ces activités, sans avoir besoin de devenir l’unique réponse à tous nos besoins.
Si vous souhaitez le découvrir ou pratiquer régulièrement, vous pouvez retrouver les horaires et tarifs de mes cours de yoga, avec notamment des cours de Vinyasa et d’Ashtanga à Auriol et aux alentours.
Je propose notamment des cours à Parenthèse à Auriol et au studio DYP.
Alors oui, faites du yoga si cette pratique vous fait du bien. Explorez votre respiration, gagnez en mobilité, apprenez à mieux connaître votre corps, profitez du calme ou de l’énergie que vous retrouvez après une séance.
Mais de temps en temps, sortez aussi de votre tapis. Votre corps — et peut-être votre esprit — ont certainement d’autres choses à découvrir.
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